jeudi 2 avril 2009

Polémique sur les parachutes dorés des grands patrons

Le problème ou la question des indemnités de départ est aujourd’hui au cœur de l’actualité. Qu'elles soient justifiées ou non, elles suscitent actuellement une véritable polémique. Parachute doré, golden parachute, retraite chapeau et stock-options deviennent des expressions taboues. En effet, crise économique oblige, les indemnités des grands patrons font de plus en plus scandale. Elles paraissent disproportionnées en comparaison des salaires perçus par la grande majorité des salariés. En effet, leurs montants sont parfois impressionnants. Pourtant, certaines « normes » existent. Il s’agit essentiellement des recommandations de l’AFEP (Association Française des Entreprises Privées) et du MEDEF adoptées à l’automne 2008. Un plafond a ainsi été fixé à 24 mois de rémunération incluant salaire, plus part variable. Le problème étant que ces recommandations ne sont pas beaucoup suivies. Pour preuve selon une étude du cabinet Hewitt Associates réalisée en 2008, sur les sociétés composant l’indice SBF 120, 79% des dirigeants se sont vu attribuer des indemnités de départ et 27% d’entre eux ont obtenu des parachutes dorés supérieurs au plafond préconisé par l’AFEP et le MEDEF.
Patronat et pouvoirs publiques essayent donc d’inciter à la modération voire même de les réguler. Le problème étant que légiférer sur ce sujet est très difficile. Plusieurs lois ont ainsi tenté de réguler un peu le système (loi Breton de juillet 2005 : qui soumet globalement les éléments de rémunération exceptionnels et différés au vote des actionnaires) ; (Amendement Balladur en 2006, qui demande aux conseils d’administration de définir un quota de stock-options que les dirigeants doivent conserver tant qu’ils sont en poste) ; (loi Tepa d’août 2007 qui impose que les indemnités de départ soient soumises à des obligations de performance). Hormis ces lois, pour l’essentiel, c’est l’autorégulation qui est la norme.
Le 30 mars dernier, l’Etat français a donc décidé d’agir encore une fois, en encadrant la rémunération des dirigeants de certaines entreprises. Les entreprises sur lesquelles, son influence est notable. Le gouvernement a donc utilisé la voie réglementaire via un décret, pour essayer de normaliser les abus des années et des mois passés. Le décret concernera ainsi les entreprises publiques, les grandes banques et constructeurs automobiles aidés par l’Etat, et les entreprises bénéficiaires du FSI (Fonds Stratégique d’Investissement). Ce décret s’appliquera au moins jusqu’à fin 2010. Cependant, son application varie selon deux cas de figure. Tout d’abord les entreprises aidées par l’Etat, c'est-à-dire banques et constructeurs automobiles. Celles-ci verront leurs rémunérations, parts variables et éventuelles indemnités de départ encadrées. Stock-options et attribution d’actions gratuites seront bannies pour les années 2009 et 2010. Les bonus existeront toujours mais resteront conditionnés par des critères de performance que devra fixer le conseil d’administration.
Ensuite, les entreprises publiques qui devront respecter des principes et des règles de gouvernance de haut niveau en termes d’éthique. Indemnités de départ et parts variables seront encadrées.
Pour les entreprises dont les FSI auraient pris une participation, comme l’équipementier Valeo, elles ne sont pas concernées par le décret en question. Le FSI est juste invité à prendre en compte avant toute prise de participation, le respect des règles éthiques qui s’appliquent aux entreprises du secteur public.
Pour les autres entreprises, c'est-à-dire 99% des entreprises françaises, elles devront respecter le code de bonne conduite édicté par le MEDEF et AFEP.
Avec ce décret, le gouvernement essaye davantage de faire pression sur les comportements de certains patrons, comme sur les pratiques de certaines entreprises. La volonté du gouvernement n’était donc pas de légiférer. En effet, encadrer les rémunérations patronales globalement, serait contreproductif, porterait atteinte à la liberté d’entreprendre et à la compétitivité française. Comme le dit François Fillon : « Avec une loi, on changerait de système ».


**Palmarès des plus gros parachutes dorés depuis 1999**

1 / Stanley O’Neal / Merril Lynch / 2007 / 122 millions d’euros
2 / Charles Prince / Citigroup / 2007 / 71.8 millions d’euros
3 / Rijkman Groenink / ABN AMRO / 2007 / 32 millions d’euros
4 / Carly Fiorina / Hewlett-Packard / 2005 / 31 millions d’euros
5 / Jean Marie Messier / Vivendi Universal / 2002 / 20.5 Millions d’euros
6 / Peter Kraus / Merril Lynch / 2008 / 20 millions d’euros
7 / Antoine Zacharias / Vinci / 2006 / 12.9 millions d’euros
8 / Richard Fuld / Lehman Brothers / 2008 / 12.7 millions d’euros
9 / Jean Marc Espalioux / Accor / 2006 / 12 millions d’euros
10 / Martin Sullivan / AIG / 2008 / 10.5 millions d’euros
11 / Phillipe Jaffré / ELF / 1999 / 10 millions d’euros
12 / Daniel Bernard / Carrefour / 2005 / 9.8 millions d’euros
13 / Noël Forgeard / EADS / 2006 / 8.5 millions d’euros
14 / Peter Wuffli / UBS / 2007 / 7.9 millions d’euros
15 / Alain de Pouzilhac / Havas / 2005 / 7.8 millions d’euros
16 / Richard Syron / Freddie Mac / 2008 / 7.15 millions d’euros
17 / Daniel Mudd / Fannie Mae / 2008 / 7.15 millions d’euros
18 / Jean Pierre Tirouflet / Rhodia / 2003 / 7 millions d’euros
19 / Patricia Russo / Alcatel / 2008 / 6 millions d’euros
20 / Alain Fishman / Washinghton Mutual / 2008 / 4.9 millions d’euros
21 / José Luis Duran / Carrefour / 2008 / 4.77 millions d’euros
22 / Philippe Germond / Atos Origin / 2008 / 4.67 millions d’euros
23 / Serge Weinberg / Pinault Printemps Redoute / 2005 / 5.3 millions d’euros
24 / Gilbert Mittler / Fortis / 2008 / 4 millions d’euros
25 / Thierry Morin / Valeo / 2009 / 3.2 millions d’euros ??
26 / Jean Pierre Rodier / Pechiney / 2003 / 3 millions d’euros
27 / Pierre Blayau / Moulinex / 2000 / 3 millions d’euros
28 / Gérard Le Fur / Sanofi-Aventis /2008 / 2.7 millions d’euros
29 / Laurence Danon / Printemps / 2007 / 2.5 millions d’euros
30 / Frank Dangeard / Thomson / 2008 / 2.29 millions d’euros
31 / Denis Gauthier Sauvagniac / UIMM / 2007 / 1.5 millions d’euros
32 / Jean Paul Votron / Fortis / 2008 / 1.3 millions d’euros


FB


Source : Les Echos « Hit parade des parachutes dorés », Planet.fr « Les plus gros parachutes dorés en 2008 », L’Express « Parachutes dorés, stock-options une polémique sans fin » , Libération « Parachutes à gogo ».

jeudi 26 mars 2009

Classement 2009 des compagnies petrolières et gazières

Les premières compagnies pétrolières et gazières s’imposent toujours en 2009, malgré la crise et le ralentissement économique comme les plus grosses capitalisations boursières mondiales. En effet, si l’année 2008 et le début 2009 ont été très difficile pour les marchés financiers, le secteur pétrolier a été moins impacté que les autres par le retournement boursier. L’année 2008, a permis aux pétroliers d’obtenir leurs meilleurs résultats historiques. A l’image de Total qui a obtenu cette année 13.9 milliards d’euros de bénéfice net. Une performance jamais obtenue précédemment par une entreprise française. 2008 a été vraiment exceptionnelle pour les compagnies pétrolières. Les neufs premiers mois de l’année ont été ceux des records en terme de recette. Le baril de pétrole a atteint entre février et juillet deux seuils symboliques. Tout d’abord le niveau jamais atteint des 100 dollars à New York le 19/02/08, puis un second record (maintenant à battre) de plus de 145 dollars le 03/07/08. Le seuil des 100 dollars n’a été repassé à la baisse que le 15/09/08. Depuis, cette date les cours ont chuté pour atteindre 34.85 dollars le 15/01/09. Ils naviguent depuis cette date dans une fourchette comprise entre 35 et 50 dollars le baril.
Quand est-il maintenant ? Les prix bas d’aujourd’hui, conséquence de la crise économique, préparent-ils le terrain à une nouvelle montée des cours dans l’avenir ? La grande question est là. Compagnies pétrolières et intervenants de marché divergent sur le sujet. Dés que la croissance repartira à la hausse, les cours du baril pourraient regrimper rapidement. Un rebond entre 60 et 100 dollars le baril s’avère tout à fait plausible à horizon un an dans une économie en recovery. Pour l’instant, les spécialistes du secteur sont partagés. Certains mettent en avant que la faiblesse des cours, n’incite plus les compagnies pétrolières à investir. Cet état de fait réduit en effet la valeur des projets potentiels. Par exemple, les gisements de sables bitumeux au Canada dont les seuils de rentabilité sont élevés autour de 75 dollars le baril. Par conséquent, si les investissements nécessaires au maintien de la production ne sont pas effectués, lorsque la croissance repartira, les prix de l’énergie devraient remonter rapidement. En quelque sorte, les prix bas du baril préparent donc une nouvelle poussée des prix dans l’avenir…
A l’inverse, d’autres experts du secteur pensent que l’explosion des prix de l’été 2008 a entraîné un profond changement structurel de la demande via une modification des comportements de consommation des ménages (exemple emblématique de l’abandon des 4x4 aux Etats-Unis au profit de voitures moins consommatrices de carburants). D’autres part, l’administration Obama aux Etats-Unis a des projets ambitieux en terme d’efficacité énergétique. L’Europe n’est pas en reste sur ce sujet. La consommation de pétrole a ainsi diminué de 0.3% en 2008, et pourrait se replier de 1.6% en 2009 selon l’Agence internationale de l’énergie.
Cette situation indécise explique en partie l’état actuel des capitalisations boursières des compagnies pétrolières. Les opérateurs de marché se trouvent donc partagés sur la partition à jouer pour le futur…
Le classement actuel n’évolue que très peu en l’absence de grand mouvement de concentration dans le secteur. La première place revient, comme depuis plusieurs années à Exxon Mobil avec prés 346 milliards de dollars de capitalisation boursière. A noter, la belle deuxième place de Petrochina (organe cotée de China National Petroleum, le plus important pétrolier de Chine) avec 291 milliards de dollars de capitalisation boursière. Exxon Mobil et Petrochina sont aussi les deux plus grosses capitalisations boursières mondiales tous secteurs confondus. Total le premier pétrolier français se situe à la 7éme place du classement avec 125 milliards d’euros de capitalisation boursière.
FB

**VOIR le Classement 2010 des 40 Premières Compagnies Pétrolières

**VOIR le Classement 2009 des 40 Premières Compagnies Pétrolières et Gazières via le LIEN http://www.fb-bourse.com/2009/03/classement-2009-compagnies-petrolieres/

lundi 16 mars 2009

Analyse : Bastide Le Confort Medical BLC

Code Isin : FR0000035370
Mnémonique : BLC
Cours extrêmes sur 6 mois : 6.42 / 14.80 euros
Nombres de titres en circulation : 7 340 580
Marché compartiment : C

Actionnariat de référence (source Bloomberg)
SIB : 49%
Famille Bastide : 8%
Lazard Frères Gestion : 8.19%
Palatine Asset Management : 1.55%
KBL Richelieu Gestion : 0.54%
Degroof Gestion : 0.51%
Sogeposte : 0.47%
Crédit du Nord : 0.33%
Chaussier Gestion : 0.26%
CM-CIC Asset Management : 0.27%
AGF Asset Management : 0.23%
COVEA Finance : 0.20%
CCR Gestion : 0.12%
Banque Robeco : 0.09%

Bastide Le Confort Médical : CA en hausse et Résultats en baisse sur le S1 2008/2009 !

Présentation
Bastide Le Confort Médical a été crée en 1977, par Guy Bastide, l’actuel PDG. L’entreprise a été l’une des pionnières en France, dans le développement des soins et l’hospitalisation à domicile. Fort de sa réussite et souhaitant sortir du cadre régional, Bastide s’introduit en Bourse en 1997 sur le second marché et décide de conjuguer politique de croissance externe (11 rachats d’entreprise du secteur depuis mai 1997, dont notamment Confortis qui permet à Bastide de devenir un véritable acteur national) et organique (développement d’agences en propre). Le groupe dispose aujourd’hui de prés de 80 agences en France.
Bastide est aujourd’hui, 32 ans après sa création, spécialisée dans la vente et la location (prestations de services) de matériel médical à destination des particuliers (des personnes âgées, handicapées et malades), ainsi qu’aux professionnels (infirmières, médecins…) et aux collectivités de la santé (EPHAD, maisons de retraite, établissements de soins...).
Vente :
Au niveau de la vente aux particuliers (4 grandes familles)
-Produits anti-escarres : matelas, surmatelas, coussins, pansements spécifiques…
-Produits d’incontinence
-Produits d’aide à la mobilité : fauteuils roulants…
-Produits de confort et d’hygiène : produits d’aide à la toilette et à la mobilité, fauteuils relaxants…
Au niveau de la vente aux professionnels et collectivités de la santé
-Produits destinés aux professionnels de la santé : draps et divans d’examen, gants, petite instrumentation, aiguilles, produits de nettoyage et de désinfection…
-Produits destinés aux collectivités de la santé : produits de désinfection et d’hygiène médical, équipement de la chambre médicalisée…

Prestations de services (Location) :
Au niveau professionnels et particuliers
-L’assistance respiratoire : mise à disposition d’une large gamme d’appareillages et de services adaptés aux différentes pathologies respiratoires (notamment réservoirs d’oxygène, concentrateurs et respirateurs).
-Le maintien à domicile : mise à disposition d’équipement de soins à domicile (lits médicaux, soulèves malades, fauteuils roulants, produits d’aide à la personne…) pour améliorer la vie quotidienne.
-La nutrition - perfusion : mise à disposition principalement de pompes à perfusion, à nutrition et à insuline pour permettre la continuité des soins à domicile.

Lors de ses communications financières la société met en avant 3 activités qui regroupent ventes et prestations de services aux particuliers, comme aux professionnels. Il s’agit de :
-L’activité Respiratoire
-L’activité Nutrition – Perfusion
-L’activité Maintien à domicile

Le chiffre d’affaires a été réalisé au 31/12/2008 à 58.87% en Ventes de matériels et à 41.12% en Prestations de services. 0.011% du CA a été effectué à l’export.

Dernières News
Bastide Le Confort Médical a publié respectivement début février et début mars son chiffre d’affaires et ses résultats du premier semestre 2008/2009. Le CA semestriel est en croissance de 11.02% à 51.27 millions d’euros. Le résultat semestriel à l’inverse, connaît une décroissance de 38.26% à 1.76 millions d’euros sur la même période.

Analyse
Au niveau du chiffre d’affaires
Bastide le Confort Médical a enregistré sur le premier semestre de l’exercice 2008/2009 un chiffre d’affaires en progression de 11.02% à 51.27 millions d’euros, contre 46.18 millions d’euros sur le S1 de l’exercice précèdent. Sur le premier trimestre, l’entreprise avait réalisé un CA de 24.42 millions d’euros en hausse de 14.5%. Sur le deuxième trimestre, confronté à un environnement moins favorable, la hausse est plus « limitée » : 8% pour 26.84 millions d’euros de facturation. Grâce à ses bonnes performances, Bastide se trouve pour l’instant en ligne avec son plan de marche qui fixe maintenant, un objectif entre +5% et +10% de croissance annuelle (cette objectif a été revu à la baisse le 03/03/09, il était précédemment de +10% sur l’exercice 2008/2009).
Le premier semestre a été confronté et perturbé depuis le 01/08/2008 par le changement législatif autour de l’activité des EHPAD. A cette date, les dispositifs médicaux remboursés à la location et à la vente via les organismes de sécurité sociale au titre de la LPPR (liste des produits et prestations remboursables) sont intégrés dans les forfaits des EHPAD. Cette nouvelle réglementation, sur les dépenses d’équipements encadrées des EHPADS, a été sur le S1 plus favorable sur ce segment de clientèle au chiffre d’affaires « Ventes ». Conséquence directe, le CA du groupe sur le S1 2008/2009 a été effectué à 58.87% en Ventes de matériels contre 56.5% au S1 2007/2008 et à 41.13% en Prestations de services contre 43.5% au S1 2007/2008. Il est à noter que au niveau des « Ventes de matériels » le segment collectivités représente 31% du CA global de l’entreprise dont 80% de ce CA est réalisé auprès des EHPAD. Ce qui fait des EHPAD un enjeu majeur pour Bastide.
Sur le semestre écoulé, la répartition du CA global progresse sur toutes les activités du groupe. A savoir, une progression de 12% pour les activités « Maintien à domicile », et 9% pour les activités « Nutrition – Perfusion » et « Respiratoire ». Point important, l’activité « Maintien à domicile » reste véritablement le cœur de métier de Bastide, puisque cette activité représente 69.3% du CA global contre 68.8% l’année dernière.
Au niveau des marques propres de Bastide, l’entreprise bénéficie de l’augmentation de son nombre de références par marque et de la forte croissance des nouvelles marques lancées comme Novaset et BCM. Ainsi, les ventes en marques propres connaissent une belle croissance de 18.5% sur le S1 2008/2009 à 10.4 millions d’euros, ce qui représente prés de 21% du chiffre d’affaires du semestre écoulé.

Au niveau du résultat net semestriel
Bastide Le Confort Médical affiche sur le premier semestre 2008/2009 un résultat net en baisse de 38.26% à 1.76 millions d’euros, contre 2.85 millions d’euros sur le S1 2007/2008. Cette chute du résultat net est la conséquence directe, en dehors de l’environnement économique difficile de l’important changement législatif autour des EHPAD. Le nouveau contexte législatif (loi de financement de la Sécurité Sociale votée en 2005 et mis en place le 01/08/2009 art. 48) met maintenant directement en relation EHPAD et fournisseurs de matériels médicaux comme Bastide. Cette nouvelle mesure, mise en place brutalement, a tout d’abord engendré une concurrence très vive entre les différents acteurs du secteur sur le premier trimestre. Bastide s’est donc focalisé sur la conservation, et le renforcement de ses parts de marché sur cette activité. L’entreprise a ainsi réussi à nouer des partenariats avec la plupart des grands groupes du secteur. Malheureusement, les efforts concédés pour la mise en place des partenariats, n’a pas pu être répercuté sur les fournisseurs de Bastide. De plus, elle a eu pour conséquence d’entraîner au sein de l’entreprise un changement de l’ensemble des process de la société dédiés à l’activité EHPAD, qui représente plus de 30% du CA global. Une adaptation informatique a ainsi été nécessaire pour arrêter la facturation unitaire utilisée jusqu’à présent, et mettre en place une facturation forfaitaire. Sur la même période les organismes de sécurité sociale ont adopté une position plus rigide au niveau administratif pour la prise en charge des produits et prestations remboursables.
Il faut noter aussi une hausse des amortissements de prés d’un million d’euros à 4.49 millions d’euros en raison d’une augmentation des stocks de matériels locatifs, résultat de la nouvelle répartition du CA, plus favorable aux ventes de matériels sur le semestre écoulé.
L’ensemble de ses éléments, comme le dit Vincent Bastide dans un entretien sur Boursier.com «… a induit une période de flottement. On remarque donc une diminution ponctuelle de la profitabilité de la société Bastide sur le premier semestre de l’exercice 2008/2009 ». En effet, sur le premier semestre le résultat d’exploitation qui permet de mesurer la performance intrinsèque de Bastide a chuté de 29.93% passant de 4.61 millions sur le S1 2007/2008 à 3.23 millions d’euros sur le S1 2008/2009. Conséquence directe, la marge opérationnelle chute de 3.7 points à 6.3% contre 10% un an auparavant. La progression des ventes de marques propres (+18.5%) plus rémunératrices n’a pas pu compenser la chute des marges.

Perspectives
La plupart des activités de Bastide sont des produits de nécessité qui donnent droit à remboursement par les organismes de sécurité sociale. Ces activités sont donc peu sensibles par nature à l’environnement économique difficile. A l’inverse les produits de confort, non remboursés, peuvent avoir un impact sur les résultats de Bastide, cela dans la mesure ou leur achat peut-être conditionné par l’évolution de l’environnement économique et notamment le pouvoir d’achat. Afin de tenir compte de cette situation, et d’un début d’année moins dynamique, la direction de Bastide a ajusté son objectif de croissance organique entre 5 et 10% contre 10% précédemment.
Sur le second semestre Bastide devrait se focaliser prioritairement sur le redressement de ses marges, avec comme objectif de commencer l’exercice 2009/2010 dans de bonnes conditions.
Pour atteindre, cette objectif l’entreprise a mis en place comme le dit Vincent Bastide : « …des mesures correctives afin de redresser la rentabilité ». Ainsi, la direction de Bastide souhaite s’attacher sur le S2 à redresser la profitabilité de l’entreprise. Voici les principaux points que l’entreprise souhaite améliorer ou poursuivre :
-Diminution des frais fixes inhérents à l’activité EHPAD. Avec notamment une centralisation et une diminution des services associés à cette activité.
-Terminer les négociations tarifaires avec les différents fournisseurs d’équipements de l’activité EHPAD et mise en place de nouvelles conditions fournisseurs pour l’ensemble des activités du groupe.
-Continuer et accentuer le développement des marques propres (plus rémunératrices en terme de marges) dans le chiffre d’affaires de Bastide.
-Profiter de la montée en puissance de la centrale d’achat pour optimiser encore davantage les marges.
-Mise en place d’un travail correctif pour réduire l’augmentation du BFR sur le S1.
-Poursuivre le développement prometteur des franchises, 4 à ce jour ont été ouvertes. Bastide prévoit l’ouverture au rythme actuel de 1 nouvelle franchise par mois. Le deuxième semestre devrait être l’occasion d’obtenir les premiers bénéfices des franchises sur la marge opérationnelle.
-Poursuivre l’ouverture de nouvelles agences en propre, afin d’obtenir une couverture complète du territoire français. La priorité de développement reste le marché français. Bastide devrait ouvrir 4 nouvelles agences sur le second semestre. Cela portera le nombre de point de vente à prés de 80 sur l’ensemble de la France. Une fois l’installation et l’implantation de ses agences terminées, la société devrait marquer une pause dans sa politique de développement, afin de retrouver un bon niveau de marges.
Autre point important à noter, plusieurs évolutions tarifaires devraient avoir lieu sur le second semestre. Celles-ci devraient avoir un impact positif minime sur le S2, mais un impact significatif sur l’exercice 2009/2010.

Les Fondamentaux
La société Bastide atteint sur la base du cours de clôture au 13/03/09 (6.98 euros) une capitalisation boursière de 51.24 millions d’euros. La capitalisation a été quasiment divisée par deux depuis le 2 janvier 2009 où le cours de bourse de l’entreprise atteignait 14.80 euros.
Voici les points clés du bilan de Bastide Le Confort Médical :
-Le groupe dispose au 31/12/2008 de 36.36 millions d’euros de capitaux propres contre 35.7 millions d’euros au 30/06/2008. Cela représente 4.95 euros par action.
-La société affiche au 31/12/2008 une trésorerie de clôture négative à -3.13 millions d’euros contre une trésorerie d’ouverture à 1.62 millions d’euros au 30/06/2008. L’état de la trésorerie s’explique par l’augmentation exceptionnelle du BFR de l’entreprise. En effet, les délais de règlement des EHPAD ont été allongés sur le premier semestre. L’incidence de la variation du BFR se chiffre à -5.91 millions d’euros. Pour palier à cette situation l’entreprise a eu recours à des découverts bancaires pour -3.61 millions d’euros.
-Conséquence direct du recours au concours bancaire, l’endettement de Bastide sur le S1 est en augmentation à 16.6 millions d’euros. Cette endettement se décompose en 8.83 millions d’euros à échéance moins d’un an. Et 7.83 millions d’euros à échéance plus d’un an. Les dettes financières de Bastide représentent ainsi 45.6% des capitaux propres de l’entreprise. La quasi intégralité de la dette de Bastide est libellée en taux fixe, excepté 0.79 millions d’euros à taux variable. Les emprunts souscrits par la société ne comportent aucun covenant bancaire.

Conclusion
Au regard, de l’ensemble des données connues à ce jour deux sentiments partagés émergent. Tout d’abord, une entreprise performante, devenue le troisième intervenant français sur le marché de la dépendance à domicile et le premier en terme de point de vente (prés de 80 agences). Un groupe qui est positionné sur un secteur structurellement porteur et plutôt à l’abri des vicissitudes et des affres de la crise économique. Cependant, l’action Bastide n’est pas vraiment sous valorisée à l’heure actuelle. L’exposition aux produits non remboursés en cette période de crise n’est pas véritablement chiffrée et la valeur boursière de l’entreprise représente prés de 50% de son CA annuel et environ 14 fois les bénéfices estimés (entre 3.5 et 4 millions d’euros) sur l’exercice 2009/2010. Cependant en raison de son statut défensif, et d’un marché naturellement en croissance de 3 à 4% par an, il paraîtrait logique de se fixer un objectif court terme de 8.5 euros dans l’attente de la confirmation d’une amélioration des marges sur le second semestre 2008/2009. A moyen terme, si l’entreprise retrouve ses marges de l’exercice 2007/2008, un objectif de 11 euros serait pertinent.


FB
Prochaine analyse lors des résulats annuels 2008/2009
 
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